Hospitalité Notre Dame de Lourdes, Diocèse de Saint-Dié

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Qu'est-ce que la consécration des hospitaliers ?

Afin de répondre à cette question, il est intéressant d’aller chercher dans le dictionnaire quelques définitions.

Qu’est ce qu’un hospitalier ?

Il y a plusieurs définitions (Larousse 2000) :

  • Qui exerce l’hospitalité, accueille volontiers les étrangers
  • Relatif aux ordres fondés au Moyen Age qui se vouaient au service des voyageurs, des pèlerins, des malades (exemple = l’Ordre de Malte qui existe toujours et vient régulièrement à Lourdes au début du mois de mai).

Qu’est ce que l’hospitalité ?

Toujours selon le même dictionnaire, il y a plusieurs possibilités :

  • Action de recevoir et d’héberger quelqu’un chez soi par charité, libéralité, amitié
  • Bienveillance, cordialité dans la manière d’accueillir et de traiter ses hôtes
  • Asile accordé à quelqu’un, à un groupe par un pays

L’hospitalier est donc accueillant, bienveillant, cordial, amical, charitable et libéral. Il est au service des voyageurs, des pèlerins et des malades.

Si d’un autre côté, on reprend l’acte de consécration des hospitaliers (qui est une prière adressée à Marie), un parallèle peut être établi avec la prière du « Notre Père »:

Dans la première partie :

  • « Rappeler aux chrétiens les merveilles de l’Evangile » : donc chanter la gloire de Dieu = cela fait écho à « Que ton nom soit sanctifié »

  • « Rappeler aux chrétiens les exigences de l’Evangile » : on peut entendre « Que ton règne vienne »

  • « Les invitant à la prière, à l’Eucharistie et à la vie en Eglise » : pour arriver ainsi à la réalisation du règne de Dieu


Dans la deuxième partie :

  • « Pour mieux répondre à votre appel, je me consacre par vos mains à votre fils Jésus » : comme lors de l’appel pour vivre dans le mariage, la prêtrise, la vie consacrée, dans notre métier…

  • « Rendez-moi docile à son Esprit » : cela renvoie à « Que ta volonté soit faite »

  • « Par la ferveur de ma foi et le rayonnement de toute ma vie » : cela a valeur de témoignage par rapport aux autres. C’est différent d’un « exemple » qui a une connotation négative dans le sens où l’hospitalier serait parfait (nous savons tous que ce n’est pas le cas).

  • « Par mon dévouement au service des malades, faites que je travaille avec vous au réconfort de ceux qui souffrent, à la réconciliation des hommes, à l’unité de l’Eglise et à la paix dans le monde » = ici, cela fait référence à la fois à « Que ton règne vienne » et à « Pardonne nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés ».

Dans la troisième partie :

  • C’est une prière de confiance : on peut rapprocher cette prière de « Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour ».

La confiance dans le Père est indispensable ; Lui seul sait ce qui est nécessaire pour nous et nous le donne afin que nous puissions agir pour contribuer à ce que son règne vienne. La confiance dans la Vierge et son intercession nous permettent d’entrer dans la confiance filiale en « Notre Père ».

Comme on vient de le voir, l’acte de consécration est une sorte de miroir du « Notre Père ».

A partir de cette constatation, on peut dire que la consécration d’un hospitalier est tout sauf une remise de médaille pour bons et loyaux services. C’est la réponse à un appel pour plus d’hospitalité envers les plus faibles dont font partie les malades.

Un temps de discernement d’au moins 5 ans est nécessaire pour savoir si l’on veut répondre à cet appel. Cela ne se limite pas à accompagner les malades à Lourdes mais c’est aussi valable dans notre vie de tous les jours, là où l’on se trouve.

On peut bien sûr répondre à l’appel sans faire sa consécration mais il manque alors la dimension du lien entre notre propre foi et l’Eglise. Répondre de façon complète à l’appel ne peut se faire qu’au milieu de nos frères humains, en Eglise. C’est être témoin de notre foi en Jésus Christ, foi reçue du Père.

Au cours de la consécration, le futur consacré reçoit un cierge allumé donc la lumière (par les mains de l’aumônier de l’hospitalité diocésaine) comme lors de son baptême. C’est une manière de rappeler qu’il est enfant de Dieu.

 

La médaille retenue par un ruban bleu et blanc (couleurs de la Vierge) que le futur consacré reçoit, est le signe de la consécration à Jésus Christ, au travers des malades, avec l’intercession de Marie. En effet, l’Homme a besoin de signe visible qui matérialise lengagement pris (il croit difficilement ce qu’il ne voit pas = voir Saint Thomas). Cette médaille n’a donc rien d’un trophée à signification profane.

Chaque futur consacré a un parrain ou une marraine tout comme lors du baptême ou de la confirmation. Ce parrain (cette marraine) a la charge d’accompagner le futur consacré avant, pendant et après son acte de foi. Il (elle) doit lui-même (elle-même) avoir fait sa consécration, tout comme pour un baptême, il (elle) doit être baptisé et pour une confirmation, il (elle) doit être confirmé.

Il (elle) est un point de repère dans la joie comme dans la peine ou les difficultés.

Quant aux anciens consacrés qui viennent entourer le futur consacré et réciter l’acte de consécration avec lui, c’est une manière de faire Eglise au même titre que lors d’un baptême d’adulte ou de grand enfant pendant la veillée de Pâques, l’assemblée récite le « Je crois en Dieu » avec le futur baptisé.

Là encore, on est bien loin d’une démarche sectaire ou d’un groupe qui se croirait meilleur que les autres.

La consécration des hospitaliers est donc un acte de foi à part entière dans toutes ses dimensions.

Si un hospitalier souhaite faire sa consécration, il doit adresser son courrier de demande au président de l’hospitalité, comme quelqu’un qui souhaite faire sa confirmation, met sa demande par écrit pour l’évêque. En effet, le président de l’hospitalité a une charge matérielle mais également une charge spirituelle en lien avec l’aumônier.

Il y a un temps de préparation sous la forme d’une réunion de partage qui se déroule à Lourdes. Participent à cette préparation, le président de l’hospitalité, l’aumônier, les futurs consacrés avec leurs parrains ou marraines et au moins deux autres membres de l’équipe d’animation spirituelle. Chacun peut alors s’exprimer librement et sans contrainte. Cela débouche sur des moments forts, à chaque fois différents, qu’aucun de ceux qui y participent ne voudrait manquer.

La consécration est souvent un tournant ; elle ouvre lavenir, enrichit les Hommes et fait mûrir leur Foi en Dieu. Parfois dautres appels peuvent en découler

 

Odile RICOUR