Hospitalité Notre Dame de Lourdes, Diocèse de Saint-Dié

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Homélies du Père Heinrich pour le pèlerinage 2011

Dimanche 10 juillet 2011 : Homélie

Nous avons quitté pour plusieurs jours, notre maison ou notre pension, nos amis et les gens de notre quartier, de notre village. Nous avons cessé notre travail habituel en prenant quelques jours de congé.

Nous voici au milieu de nouveaux visages, et nous hésitons encore à engager la conversation … Nous avons peut-être pris le temps de jeter un coup d’œil sur le programme de ce pèlerinage : il y aura des célébrations, des temps de prière, des visites, des rencontres …

Que pouvons nous attendre de tout cela ?

Pour les personnes âgées et les malades, ce voyage entraîne une fatigue et un dérangement dans nos habitudes, sans parler de la dépense … Bref, pourquoi sommes-nous venus ?

Ce n’est pas un voyage comme les autres ; c’est un pèlerinage. Nous sommes venus à Lourdes, car ce lieu est un lieu saint. Un lieu où Dieu se fait plus proche. Et nous sommes venus ensemble : pèlerins malades ou handicapés, membres de l’hospitalité, et vous autres pèlerins qui avez répondu à l’invitation du diocèse, nous sommes venus ici pour marcher ensemble vers Dieu. Dans ce lieu où Marie s’est donnée à voir à la petite Bernadette, nous sommes venus vers Dieu qui, par Marie, nous appelle à une nouvelle conversion. Nous serons invités à une double conversion : convertir notre relation à Dieu ; mais aussi convertir notre regard sur toutes les personnes qui nous entourent et que Dieu notre Père nous donne à aimer comme des frères.

Après l’année 2010 où les pèlerins de Lourdes ont pu méditer sur le thème : "Avec Bernadette, faire le signe de la croix", pour cette année 2011, nous sommes engagés "avec Bernadette à prier le ‘Notre Père’". Au moment des apparitions, en 1858, Bernadette avait 14 ans, mais elle ne savait pas encore lire ; et c’est ainsi qu’en présence de l’apparition, Bernadette fit le signe de la croix et se mit à égrener son chapelet en accord avec celle qu’elle appelle "la belle dame". Le "Notre Père" était la seule prière qu’elle savait dire, avec le "Je vous salue, Marie".

Qui est-ce qui nous a appris à prier le "Notre Père" ?

Comme pour Bernadette, c’est sans doute notre maman ; pour quelques-uns d’entre nous, c’était aussi une religieuse qui nous accueillait à l’école maternelle … Mais réellement, qui, en fait, nous a appris à prier le "Notre Père" ? eh bien, c’est Jésus !

Jésus était un jour quelque part en prière. Quand il eut fini, un de ses disciples lui dit : "Seigneur, apprends-nous à prier, comme Jean-Baptiste l’a appris à ses disciples.". Jésus leur dit : "Vous donc, priez ainsi ; Père céleste. Notre Père …". la mention "qui es aux cieux" selon la traduction actuelle, ou "Père céleste" selon la traduction de la TOB, veut simplement souligner que c’est bien à Dieu que l’on parle …

Lorsque Jésus prie, et c’est très fréquent dans l’Evangile, il s’adresse directement à Dieu en disant "Père" ou "Mon Père" ou même "Abba" en araméen c’est l’équivalent de "papa". Il est le Fils unique du "Père" :

  • pour lui rendre grâce : "Père, je te loue d’avoir caché ces choses aux sages et aux savants, et de les avoir révélées aux tout-petits" (Mt 11,25)

  • pour le supplier dans son agonie au Jardin des Oliviers : "Abba, Père, à toi, tout est possible, écarte de moi cette coupe ! Pourtant, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux !" (Mc 14,36)

  • jusque sur la croix, avant de mourir : "Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font" et encore : "Père, entre tes mains, je remets mon esprit." (Lc23,34 ; 23,46)

Mais quand Jésus nous apprend à prier, il nous fait dire ; "Notre Père" ce qui est important, c’est le "Notre" de Notre Père.

Quand un chrétien prie le "Notre Père", même s’il prie seul dans sa chambre, il est invité à se joindre à toute l’Eglise, et même à toute l’humanité. Car si Dieu est tout spécialement reconnu comme "Notre Père" par tous les baptisés, Dieu veut être aussi le Père de toute l’humanité à travers son Fils unique Jésus-Christ, qui a donné sa vie "pour la multitude"

Voyez comment, durant tout ce pèlerinage, Jésus ne va pas cesser de nous parler, comme il a parlé à ses disciples. Jésus va nous apprendre à prier comme il a appris à prier à ses disciples.

Alors je vous invite à laisser pénétrer en vous, dans votre esprit, dans votre cœur, cette parole d’amour de Jésus, qui vient nous révéler l’amour et la tendresse de notre Père. Cette parole d’amour de Jésus durant ces jours de pèlerinage, elle va descendre en nous comme la pluie qui descend du ciel pour féconder la terre, comme la semence du semeur qui attend de porter du fruit.

Peut-être que l’un ou l’autre parmi vous ne se sent pas prêt encore à accueillir cette parole comme un cadeau du ciel. Ou bien c’est la maladie et la souffrance qui nous font chercher querelle à Dieu, ou bien professionnelle, sociale. Et notre cœur reste fermé.

Alors pour fortifier notre confiance, je voudrais vous raconter ce que j’ai observé un jour dans le désert : j’étais allé avec un ami au Sahara, à Tamanrasset sur les pas du Père Charles de Foucauld, et nous voilà à la montagne de l’Asserkrem où le Père de Foucauld avait bâti un ermitage. Là, un petit Frère de Jésus qui s’appelait François, voyant qui nous étions, nous a proposé de vivre un jour ou deux de désert, de silence complet, dans un ermitage, dans la prière et la méditation. Pas une seule goutte de pluie n’était tombée depuis plus de six mois ! Mais voilà que dans la nuit, un orage a éclaté. Je passe rapidement sur l’expérience de la solitude, dans cette nuit d’orage et le grondement du tonnerre se répercutant à travers les montagnes du Hoggar … Mais voilà qu’au petit matin, ouvrant les yeux sur ce magnifique paysage rafraîchi par la pluie, j’ai vu éclore de petites fleurs qui, en une nuit, avaient percé la croûte desséchée de cette terre caillouteuse. Merveille de la fécondité de la pluie qui descend du ciel. Merveille aussi que la parole de Dieu qui est capable de venir féconder nos nuits les plus obscures, nos sécheresses, nos vides d’amour les plus étouffants, pour en faire surgir la lumière de la vie, de sa vie.

Oui c’est vrai, il y a en chacun et chacune d’entre nous inextricablement mêlés, des chemins où rien ne pousse, des endroits caillouteux, des ronces.

Mais il y a toujours aussi un coin de bonne terre que Dieu, en ces jours de pèlerinage, est prêt à labourer et à ensemencer à profusion. Quelles que soient nos noirceurs et même notre péché, Dieu trouve toujours une petite faille par laquelle il pourra faire grandir un germe de vie.

Pour ce premier jour de pèlerinage, accueillons simplement cette parole qui nous répète : Dieu est notre Père, plein d’amour et de tendresse. Et, avec Jésus, n’ayons pas peur de répéter inlassablement ce que l’Esprit suscite en nous : Abba ! Papa ! Notre Père ! Amen !



 

Célébration pénitentielle : lundi 11 juillet 2011 (Lourdes)

HOMELIE après la lecture de : II Cor. 5,17-21

"Au nom du Christ, nous vous le demandons, laissez-vous réconcilier avec Dieu "telle est la recommandation instante de l’Apôtre Paul aux Corinthiens, que nous venons d’entendre …

A la 8ème apparition, la Dame donne à Bernadette cette consigne qu’elle répètera plusieurs de suite : "Priez Dieu pour les pécheurs", et Bernadette pleure parce que la Dame était triste en demandant de prier pour les pécheurs.

Et lorsque le lendemain, à la 9ème apparition, la Dame demande à Bernadette d’aller boire à la source et de s’y laver, ne trouvant pas d’eau, Bernadette va gratter la terre, n’y prenant que de la boue qu’elle répand sur son visage … et ce n’est qu’à la quatrième tentative qu’elle peut enfin boire, tellement l’eau était sale …

Défigurée devant la foule, on l’a giflée, on l’a même traitée de "merdeuse". Mais Bernadette explique que c’est pour les pécheurs que la Dame lui a demandé ce geste, et "d’aller boire à la source et de s’y laver".

L’eau de Lourdes n’est pas une eau miraculeuse, mais elle invite à faire pénitence pour se détourner du péché.

Dans un monde qui tend à nier le péché, à tout déculpabiliser, la pénitence n’est pas une auto-flagellation, mais c’est un retournement vers le Dieu-Père, Dieu d’amour et de tendresse. Ce Dieu dont l’image donnée par le Christ lui-même est celle du Père de l’enfant prodigue qui accueille son fils repentant, le serre dans ses bras, l’embrasse et le relève en disant : "Vite, faisons la fête, car mon fils était perdu et il est retrouvé, il était mort et il est revenu à la vie.".

Ecoutons encore ce que dit l’Apôtre St Jean :

"Si nous disons : ‘nous n’avons pas de péché’ nous nous égarons nous-mêmes et la vérité n’est pas en nous ; mais notre cœur aurait beau nous accuser, Dieu est plus grand que notre cœur et il connaît toutes choses.".

Regardez comment la prière du "Notre Père" nous met en face de la réalité de notre nature humaine blessée par le péché et si prompte à se détourner de Dieu. Quand nous prions ; "pardonne-nous nos offenses … Ne nous soumets pas à la tentation … Délivre-nous du Mal …", nous faisons un acte de foi en l’amour que Dieu nous manifeste, un amour plus grand, plus fort, plus puissant que notre péché.

Aujourd’hui, à Lourdes, nous qui allons présenter à Dieu notre Père pour accueillir son pardon, nous réconcilier avec nos frères, nous découvrons la puissance de la grâce, l’amour plus grand que notre égoïsme et que la réconciliation est possible si nous l’accueillons.

Approchons-nous donc en toute confiance de Dieu notre Père : il nous a réconciliés avec Lui par le Christ et il a confié à l’Eglise le "ministère de la réconciliation".




 

Mardi 12 juillet 2011

Pour commencer notre méditation, ce matin, je vous invite à faire deux gestes forts qui devraient marquer profondément notre journée :

Premier geste : nous fermons les yeux – et nous nous inclinons (si nous le pouvons) – et, en nous-mêmes, nous nous reconnaissons fils et filles du Père … Ne bougeons plus … Nous pouvons dire : Ô Père, je suis ton enfant, tu es mon Père, plein de tendresse et d’amour ; ton amour pour moi est comparable à l’amour d’une maman pour son nourrisson, qu’elle soulève tout contre sa joue, une maman qui nourrit son enfant … Ô Père, je suis ton enfant !

Deuxième geste : nous nous tournons les uns vers les autres en nous accueillant mutuellement, comme les enfants du même Père. Nous manifestons que nous sommes frères et sœurs dans le Christ, par un geste d’amitié, à notre convenance. Ô Père, voici tes enfants, formant une seule famille, dans le même Esprit, la même foi. Un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père … (on le chante ?)

Et quand nous prions le "Notre Père" avec Bernadette, nous disons "Que ta volonté soit faite". Voilà une prière qui n’est pas toujours facile à dire ! Parce que, la "volonté du Père", on en a souvent détourné le sens : il fut un temps où l’on disait à toute occasion : "C’est la volonté de Dieu". on a trop facilement exalté, sublimé même la souffrance, comme si c’était la volonté de Dieu que nous devions souffrir. Il faut être extrêmement prudents avec des expressions qui ont l’air très religieuses, du genre : "Dieu éprouve ceux qu’il aime". Peut-on imaginer que, comme parent, on impose la souffrance à ses enfants ? Alors que nous venons d’entendre que Dieu est non seulement Père, mais qu’il est comme une maman pour son nourrisson. Pourquoi nous ferait-il cela, celui que nous appelons Abba, notre Père ?

Oui, mais vous allez me dire : et la souffrance du Christ, c’est tout de même Dieu qui l’a voulue ? Alors il faut répondre : ce n’est pas la souffrance du Christ qui sauve le monde ; c’est l’amour avec lequel Jésus a vécu toute sa vie d’homme sur la terre, l’amour dont il a aimé tous ceux qu’il a rencontrés et dont il a cherché à apaiser les souffrances ; c’est l’amour avec lequel il est allé jusqu’à la mort, l’amour avec lequel il a porté sa croix.

Quand on aime très fort quelqu’un, et quand on sait que l’autre éprouve le même amour pour nous (c’est l’expérience de l’amour des fiancés, l’amour des époux) alors on dit comme spontanément "Fais de moi ce que tu veux !". C’est seulement à l’intérieur d’une telle relation d’amour qu’on doit comprendre les termes "que ta volonté soit faite". C’est aussi la clé pour comprendre les paroles de Jésus au Jardin des Oliviers : "Non pas ma volonté, mais la tienne !".

Quand j’étais gosse, il m’arrivait parfois d’exprimer ma volonté en tapant du pied et en disant "je veux !" Alors mon papa me disait : "Le roi dit : Nous voulons", il employait ainsi le pluriel de majesté pour me dire : Ne te prends pas pour le roi, tes parents savent bien ce dont tu as besoin. Ils veulent ce qui est le meilleur pour toi puisqu’ils t’aiment.

Eh bien, la volonté de Dieu, c’est la volonté d’un papa qui nous aime. Il veut pour chacun et chacune d’entre nous ce qu’il y a de meilleur. Jésus disait : "Votre Père sait bien ce dont vous avez besoin, avant même que vous le lui demandiez".

Regardons encore Jésus : lors de son entrée dans le monde, il dit : "Me voici, Père, pour faire ta volonté !". Et toute sa vie, de Bethléem jusqu’à la Croix, sa vie n’a été que "oui". Bien qu’il ait connu la tentation, le rejet, l’incompréhension, la souffrance, par sa croix et sa résurrection, il a planté ce "oui" sur terre, afin que, nous aussi, nous disions "oui" à sa suite. C’est à partir de notre propre expérience, là où nous sommes qu’il nous faut jour après jour redécouvrir que la volonté du Père est une volonté d’amour.

Quelqu’un nous a précédés dans cette démarche ; c’est Marie. Quand nous prions le "Notre Père", nous voulons faire de ce "oui" de Jésus notre propre "oui" comme Marie l’a fait. Chacun de nous peut aussi passer dans sa vie par la nuit des Oliviers, le jardin de la douleur. Chacun connaît cette heure où il est si difficile de dire "oui" que nous ne pouvons pas sans aide, laisser venir sur nos lèvres "Seigneur, que ta volonté soit faite !". A l’heure où désespéré, nous demandons "Comment cela peut-il se faire ?" nous entendons l’ange dire à Marie : "Sois sans crainte, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu … ; rien n’est impossible à Dieu.". Alors Marie peut nous aider, comme elle a aidé Bernadette, à dire : "Qu’il me soit fait selon ta parole !".

Pour dire ce "oui" à la volonté de Dieu et pour y trouver la paix, il faut la prière … Ceux d’entre vous qui connaissent la prière d’abandon de Charles de Foucauld, redites-la souvent : "Mon Père, je m’abandonne à toi …". Si vous voulez retrouver cette prière, vous la demanderez à André LAURENT …

Mais je voudrais vous proposer maintenant cette prière que Jean-Paul II avait rédigée lorsqu’il a eu 65 ans ; prions avec Jean-Paul II :

"Seigneur, … je rencontre quotidiennement dans mon entourage des personnes âgées que tu éprouves fortement : elles sont paralysées, handicapées, impotentes et souvent n’ont plus la force de prier. D’autres ont perdu l’usage de leurs facultés mentales et ne peuvent plus t’atteindre à travers leur monde irréel. Je vois agir ces gens et je me dis : "si c’était moi ?".

Alors Seigneur, aujourd’hui même, tandis que je jouis de la possession de toutes mes facultés motrices et mentales, je T’offre à l’avance mon acceptation de ta sainte volonté, et, dès maintenant, je veux que si l’une ou l’autre de ces épreuves m’arrivait, elle puisse servir à ta gloire et au salut des âmes.

Aussi, dès maintenant, je Te demande de soutenir de ta grâce les personnes qui auraient la tâche ingrate de me venir en aide. Si, un jour, un état d’inconscience prolongée devait me terrasser, je veux que chacune de ces heures que j’aurai à vivre soit une suite ininterrompue d’actions de grâce, et que mon dernier soupir soit aussi un soupir d’amour.

Mon âme, guidée à cet instant par la main de Marie, se présentera devant Toi pour chanter tes louanges éternellement. Amen.".



 

Jeudi 14 juillet 2011

Nous voici parvenus au dernier jour de notre pèlerinage … Nous serions peut-être tentés de verser une petite larme parce qu’on va se quitter ! Mais non ; il y a autre chose à faire. D’abord parce que ceux d’entre nous qui sont coutumiers du pèlé diocésain reviendront et se retrouveront l’année prochaine … Mais aussi et surtout parce qu’un pèlerinage ne se termine pas comme ça : toute notre vie, nous sommes des pèlerins. Alors nous allons poursuivre notre pèlerinage dans les jours et les mois qui viennent.

Comment cela ? Dès les premiers jours de notre présence à Lourdes, nous nous sommes dit : "Qu’est-ce qu’un pèlerinage ?" et nous avons découvert que faire un pèlerinage c’est marcher ensemble pour aller à la rencontre de Dieu pour mieux le découvrir, mieux le connaître, et l’aimer. C’est ce que Bernadette a fait, en compagnie de la Vierge Marie. Eh bien, cette marche ne s’arrête pas aujourd’hui : dans nos paroisses, dans nos quartiers, dans nos maisons, nous poursuivrons notre pèlerinage, jour après jour, en cherchant à vivre notre relation à Dieu en Eglise, avec nos voisins et nos proches, dans une relation fraternelle.

Avec Bernadette, nous avons mieux découvert la tendresse de Celui que Jésus nous a appris à appeler "Notre Père" : Abba, Papa, tous enfants du même Père, frères et sœurs de Jésus-Christ. Et bien, nous ne prierons plus le "Notre Père" de la même façon. Même si nous le prions depuis notre enfance, désormais nous y mettrons tout notre cœur : Ô Père, je suis ton enfant ; j’ai mille preuves que tu m’aimes. Je veux te louer par mon chant, le chant de joie de mon baptême. Et puis nous avons fait ici à Lourdes l’expérience de l’Eglise Universelle, en particulier avec la Messe Internationale … Quand nous prierons le "Notre Père", nous ne pourrons plus prier comme si nous étions tout seuls. Mais le monde entier sera présent à nos côtés.

Nous avons fait ici encore l’expérience de la miséricorde et du pardon divin. "Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés". En même temps que la grâce reçue dans le Sacrement de la Pénitence et de la Réconciliation, nous avons reçu la force du Saint Esprit pour nous convertir. Alors dans les jours qui viennent, nous allons nous retrouver face à telle ou telle personne pour laquelle nous n’avons que peu d’estime et d’amitié voire peut-être une brouille qui dure depuis longtemps. Ce sera le moment de faire résolument un geste de réconciliation … Rappelons-nous la Parole de Marie à Bernadette plusieurs fois répétée : "Priez, priez pour la conversion des pécheurs.".

Et puis, nous avons médité sur la volonté de Dieu : "Que ta volonté soit faite". Quand nous allons retrouver la monotone et parfois pénible situation du quotidien, avec nos souffrances, nos handicaps, parfois notre isolement, saurons-nous redire avec la Vierge Marie de l’Annonciation : "Qu’il me soit fait selon ta parole !". Saurons-nous comme Jésus lui-même, nous offrir à Dieu "Me voici, Père, pour faire ta volonté".

 

Enfin, nous n’aurons pas assez de toute notre vie pour mettre en pratique ce que nous disons dans les premiers mots du Notre Père : "Que ton Nom soit sanctifié !". Nous ne pouvons rien ajouter à la sainteté de Dieu. C’est évident. Dieu seul est saint ! Dans toutes nos célébrations eucharistiques, nous acclamons la sainteté de Dieu, avec les saints et les anges qui l’acclament dans les cieux, en reprenant le chant des séraphins que le prophète Isaïe entendait dans sa vision, avant que Dieu ne l’appelle pour être son messager : "Saint ! Saint ! Saint le Seigneur, Dieu de l’univers. Le ciel et la terre sont remplis de ta gloire !".

Mais le peuple élu, le peuple d’Israël, s’était détourné de Dieu en pratiquant les coutumes païennes, en offrant des sacrifices aux idoles ; alors le prophète Ezéchiel prête sa voix à Dieu pour crier : "J’ai jugé leur conduite ; ils ont profané mon saint Nom ! Je montrerai la sainteté de mon Nom, mon Nom que vous avez profané au milieu des nations.".

Avant de dicter sa Loi à Moïse, Dieu lui avait dit : "Parle à toute l’assemblée des fils d’Israël : tu leur diras : Soyez saints, car moi, votre Dieu, je suis saint.".

La meilleure attitude ne consisterait-elle pas à contempler, comme Bernadette, la Vierge Marie dont toute la vie ne fut que "oui" à la volonté de Dieu. En imitant sa docilité, son humilité, sa bonté, en nous efforçant de grandir en sainteté, nous pourrons répéter les paroles du Magnificat : "Le Seigneur fit pour moi des merveilles, Saint est son Nom !".

Frères et sœurs pèlerins, malades et handicapés, hospitaliers et fidèles de notre diocèse, nous allons rentrer dans nos villes et villages, dans nos quartiers et nos maisons, peut-être à l’hôpital ou en maison de retraite, nous sommes toujours des pèlerins en marche vers Dieu, appelés que nous sommes à sanctifier le Nom de Dieu à chaque instant, par notre manière de vivre : "Me voici, Père, pour faire ta volonté !".

"Que ton Règne vienne, aujourd’hui et demain !" AMEN

Père Jacques HEINRICH